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Petite Maman

14/07/2012
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Petite Maman, poème de Mathilde Tuyet Tran 2006, Illustration de Tran Minh Khoi, Berlin

Petite Maman

J‘ai quitté ma maison et mon ciel

légère comme un petit oiseau avec de grandes ailes

s‘envole, libre et heureuse, vers d‘autres cieux lointains,

sans savoir d‘avoir tourné la page d‘une enfance insouciante,

d‘avoir laissé maman, seule, comme une capitaine

d‘un bateau plein de gens exigeants,

son mari, ses enfants et les autres,

à traverser toutes les tempêtes imminentes.

Je m‘éloigne d‘une petite femme,

travailleuse, courageuse, et généreuse,

qui n‘a jamais posé une question

que sa vie est si dure et que Dieu est injuste.

Avec le temps, les masques tombent,

les méchants, les indignes se dévoilent forcément,

Toi, maman, ta grandeur devient plus grande,

lorsque les petites choses deviennent importantes,

rien n‘est bien évident,

et qu‘on comprend tes jours rouges et tes nuits blanches,

seule,

pour ramasser tes forces,

avaler les reproches,

et soigner tes blessures.

Ton âme est venu me dire adieu

d‘un petit matin gelé de neige et de glace

le ciel était si bleu, les étoiles si étincelantes,

mon cœur tremble de honte et de remords,

ma fille, tu me manques tant,

quand reviens-tu me voir,

derrière la fenêtre froide, j‘ai pleuré ton départ.

Maman, je t‘appelle maintenant,

trop tard et pourtant…

pardonne moi, Maman,

je te dois ton amour si grand.

Je sais, tu n‘est plus là,

mais tu m‘entends dans l‘au-delà,

je t‘aime, Maman,

je veux être comme toi, Maman,

travailleuse, courageuse et généreuse,

ma petite Maman.

© Tuyet Tran, 2006 (Mathilde Tuyet Tran 2012)

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